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Galatée, corps ductile


Exposition personnelle
Vernissage le samedi 9 mars de 15h à 19h
Exposition du 9 au 30 mars 2019
à la Villa Henry
Visites les mardis et jeudis de 11h à 13h
et sur rendez-vous par message au 0661930252 et isabelle@pellegrini.fr

«Rentré chez lui, Pygmalion se rend auprès de sa statue de jeune fille et, se penchant sur le lit, il lui donna des baisers. Il lui sembla que sa chair devenait tiède. Il approche de nouveau sa bouche ; de ses mains il tâte aussi la poitrine : au toucher, l’ivoire s’amollit, et, perdant sa dureté, il s’enfonce sous les doigts et cède, comme la cire de l’Hymette redevint molle au soleil et prend docilement sous le pouce qui la travaille toutes les formes»

Ovide, Les Métamorphoses

Le changement d’état de la matière lisse qui se durcit, s’érige, devient molle et rugueuse. Les formes présentées sont labiles, en transformation, désireuses de se mouvoir comme la Vénus d’Ivoire de Pygmalion. Elles se déploient dans l’espace et tracent des dynamiques avec leurs courbes. Elles jouent avec la lumière comme les dessins qui attendent d’être caressés du regard. La lumière balaye progressivement toute la pièce et vient embrasser les formes, ombrant les contours et traversant même ce qui est devenu transparent. Perte de substance ou matière en devenir ? Que se passe-t-il dans les états intermédiaires, dans la métamorphose? Comment les sensations fugaces peuvent-elles se cristalliser ? Quelle rencontre peut se produire entre une matière rigide, comme l’ivoire, et un souvenir ? Du hérissement du poil aux regards qui se croisent, de la goutte qui tombe, ou plutôt qui s’élève, aux forces d’attractions contraires, le corps s’imprime sur le papier et le plâtre. La surface se texture en même temps que les sensations s’injectent jusqu’à remplir à craquer les formes, à la recherche d’un équilibre.

Delphine Mogarra